comment parler du darfour sans repensé au genocide du rwanda un peu d'h'istoire s'impose...
Le 6 avril 1994, des massacres horribles perpétrés par les milices et l'armée rwandaise ont commencé à l'encontre des Tutsi et des Hutu modérés qui s'opposaient à l'élimination des Tutsi.
Cette date correspond à la mort du président Juvénal Habyariman. Son avion s'écrasa dans des circonstances non encore officiellement élucidées, mais plus qu'étranges.
Toutefois, cet événement ne fut qu'un élément déclencheur des événements à venir, et non la cause première comme certains l'ont affirmé.
En effet, les massacres étaient prévus et organisés : l'armée rwandaise avait entraîné des milices à « l'art de la guerre », les autorités avaient distribué des armes à feu, une liste de personnes à éliminer circulait et, dès l'heure qui a suivi la mort du président, des personnalités clé de l'opposition furent éliminées par la Garde Présidentielle.
Les massacres durèrent jusqu'en juin 1994 et des milliers de personnes furent tuées parce qu'elles n'étaient pas de la « bonne race ». La cruauté des meurtriers était sans pitié, pas même les bébés ne furent épargnés et, bien souvent, les victimes étaient violées ou torturées avant de mourir.
Quoi que certains aient pu dire, le terme de génocide s'applique bel et bien à ces événements.
La lourde question de la responsabilité, et surtout de l'impunité des coupables, n'a pas été résolue et se pose encore aujourd'hui...
Instigateurs de ces horreurs, les autorités rwandaises en sont incontestablement les premiers responsables. Ils ont prémédité, organisé et géré tout ce qui s'est passé, et même incité à cette violence par l'intermédiaire de la radio et de la télévision qui leur servaient d'armes de propagande.
Un coup de sifflet donnait le coup d'envoi le matin à 9h : la « chasse » était ouverte. Les attaques se déroulaient sous l'autorité des milices de 9h à 15h.
Quant aux exécutants, il semble, d'après quelques témoignages, qu'ils aient agi comme hors d'eux-même. A.S. Le Mauff, envoyée au Rwanda en 2003 par Amnesty International, a rencontré des prisonniers et recueilli des témoignages qui lui furent délivrés avec beaucoup de distance :
« Trente deux familles étaient réunies dans une même pièce. Nous les avons toutes tuées à coups de grenades. Ceux qui restaient étaient achevés à la machette. Nous n'avons pas eu le temps de violer les femmes car tout s'est passé très rapidement, en 10 minutes à peine », confie l'un d'eux.
Beaucoup n'ont pas de souvenirs précis et semblent, d'après ce qu'ils en disent, avoir agi machinalement, en obéissant aux ordres : « Je les respectais tellement que tuer m'était facile. » (d'après A.S. Le Mauff, article publié dans La Chronique d'Amnesty International de mars 2003).